Réaliser la Présence
La réalisation de la Présence favorise l’inclusivité et rejette les catégories des limitations de la pensée, du mental. La Présence non duelle est totalité, harmonie. La Présence est le suprême agent et le monde est son action.
La conscience aigüe de l’apparition de l’émotion et de son ressenti corporel sans saisie, lui permet de se dissoudre sans laisser de trace. Le passé et le futur ne se créent plus, et n’ont alors plus besoin de se transformer en rêve. Tant qu’on se crée un héritage psychologique, notre état de rêve est utilisé pour rétablir, clarifier et orchestrer ses traces. Dans une Présence sans création, sans références psychologiques imaginaires ou réelles, le rêve devient réceptivité au monde subtil. Le rêve psychologique s’élimine totalement. Pour cela on doit avoir une claire conscience de la mécanicité de la pensée et de celle des comportements qui en résultent. Se libérer de la souffrance ne consiste pas à éliminer nos situations problématiques de la vie quotidienne, mais à les voir sans commentaire. La vision claire brûle le « connu » comme le feu brûle le bois, aucune perception antagoniste ne peut alors subsister. Le désir-attachement se révèle n’être qu’agressivité masquée. Plaisir, peur et violence sont toujours proches. La recherche du plaisir et la peur de perdre sont la base de notre vie mondaine. Une volonté forcenée, à ne pas confondre avec l’intention, n’est que résistance à la vie, de même que toute résistance traduit un manque de volonté. Toutes les occupations proposées par la société comme distractions, consommations, sports, activités dites culturelles, religiosités destinées à stimuler un bien-être sont finalement la nourriture d’un moi égotique à combler. Le raisonnement, la pensée ne créent que de fausses certitudes et une dispersion d’énergie. La recherche de sensations si prisée de nos jours est aussi perte d’énergie, sensiblerie qui nuit à une véritable sensibilité. Seule l’écoute sans demande est libération, aperception directe. La joie, elle, n’est qu’absence. En nous désidentifiant de l’image du corps, nous nous délivrons du corps objet de plaisir pour laisser émerger un corps de jouissance, un corps de sensations pures, un corps de lumière : insécurité inacceptable pour le « moi-je ». Fruit de l’insécurité, la notion de devenir, d’aller vers la mort, implique la peur.
On doit réaliser que la pensée ne peut se libérer car elle ne peut contenir l’Instant seul présent que l’on touche par la Présence. L’Amour est écoute laissant la vie s’épanouir. Alors pensées, problèmes, émotions meurent dans le silence de la plénitude du vide.